Lina and…

La voix sur la route

Et la mélodie s’en va, dans un monde en demi-rêve que la lumière crue du jour ne peut jamais atteindre “et où la nuit, dirait Michaux, les étoiles pénètrent”. C’est un monde où les heures s’étirent et se compriment au gré des montres molles, où les jours ne sont faits que d’aurores délicieusement fraîches, que de moites crépuscules, où les villes ne sont que des chimères agitées au bout des voies ferrées, que l’on quitte pour d’autres rails après une danse du diable.

C’est la route que la mélodie suit, ces longs serpents d’acier qui arpentent le monde et sur lesquelles vont toutes les vies qui s’évadent. Et pour quelle destination ? Aucune, mais avec un seul but : croiser sur cette route d’autres mélodies, une voix de soleil et de nuit qui la fait danser, une guitare de vent, des pianos d’enfant qui errent, et des âmes où trouver un toit.

Et la mélodie s’en va, s’en ira tout le temps, pour trouver des chants puis encore des chants au fil de ses rencontres, dans un de ces wagons improbables qui s’accrochent à des trains qui ne vont nulle part, et qui vont donc partout…

Et Lina et Lina and… lui donnèrent la voix, lui donnèrent les notes, et lui donnèrent corps, dans toutes les gares où ils descendaient. Et ils descendaient à toutes les gares. Lina and… faisait le spectacle pour les vivants des villes, des gares et des bourgs, entre le crépuscule et l’aube, cette station qu’on appelle nuit.

Et la mélodie se mettait à tourner, tourner, tourner encore comme au firmament…

Un chant de velours sur une route de fer, dans chaque lieu où les étoiles pénètrent…

Monsieur Louie

 

Visiter le site de Lina and…

 

Ré-écoutez l'émission

par Lina and ...